Manager modeste

« Si les personnes humbles font de meilleurs chefs, pourquoi sommes-nous attirés par les personnalités charismatiques narcissique ? »

Cette question est posé par Margarita Mayo, professeur de comportement des organisations à l’IE Business School de Madrid dans un article du Harvard Business Review du 7 avril 2017 (repris par le Monde du 15 avril 2017).

La question mérite sans doute qu’on s’y attarde un instant.

Les personnalités modestes font de meilleurs managers. Les humbles admettent la critique et apprennent de leurs erreurs. Ils sont prêts à se battre pour le bien commun même s’il va (à court terme) à l’encontre de leur propre intérêt. Ils reconnaissent les mérites de leurs équipes sans tirer la couverture à eux. Ils développent l’esprit d’entre-aide. Cette attitude modeste se propage à toute l’équipe ce qui améliore l’ambiance générale et facilite le partage d’information.

Quelle meilleure preuve que ces scientifiques de très haut niveau, souvent d’une étonnante modestie. Rien d’étonnant en fait. La modestie est indispensable pour remettre en cause un savoir et faire progresser la recherche. Les découvreurs, les novateurs sont des humbles.

Et pourtant, l’arrogance intellectuelle semble servir ceux qui en usent. Margarita remarque « Leur charisme est négatif, personnel, très narcissique. Ils abusent de leur pouvoir et tirent profit de ceux qui les suivent. » Sans doute le climat anxiogène incite chacun à se raccrocher à celui que l’on croit capable de nous sauver. Faire preuve d’une grande assurance inspire la confiance alors que le doute suscite la défiance.